Le cheval en Dombes : du haras de Villars aux courses hippiques
La Dombes a une longue tradition hippologique, du haras de Villars-les-Dombes aux élevages actuels. Histoire d'une passion ancrée dans la culture régionale.
Le cheval occupe une place ancienne dans le paysage et la culture de la Dombes. Du travail des étangs à l’élevage contemporain, la présence équestre a façonné la vie locale pendant des siècles, bien avant l’essor du tourisme et du Parc des Oiseaux.
Le cheval de trait, ouvrier des étangs
Jusqu’à la mécanisation des campagnes, au milieu du XXe siècle, le cheval de trait était indispensable à l’exploitation des étangs dombistes. Les quelque mille étangs de la région exigent un entretien constant : les digues doivent être consolidées, les fossés curés, les berges fauchées. Le labour des pourtours, le transport du foin et la traction des filets de pêche reposaient sur la force animale.
L’assec, c’est-à-dire la vidange périodique d’un étang tous les deux ou trois ans pour récolter le poisson, mobilisait plusieurs attelages. Les chevaux tiraient les paniers de carpes, de brochets et de tanches depuis les rives vaseuses jusqu’aux charrettes, qui prenaient ensuite la direction des marchés de Bourg-en-Bresse, de Trévoux ou de Lyon. La Dombes a ainsi développé un savoir-faire d’élevage et de dressage, adapté aux contraintes particulières du milieu aquatique. Les bêtes devaient être robustes, calmes, capables d’avancer dans la glaise sans s’affoler.
Villars-les-Dombes, pôle équestre
Villars-les-Dombes concentre aujourd’hui l’essentiel de l’activité équestre du secteur. Le chef-lieu de canton abrite un centre équestre fréquenté par les cavaliers de toute la Dombes et de l’agglomération lyonnaise. La mairie de Villars-les-Dombes recense les associations et les structures hippiques actives sur la commune.
La position de carrefour de la ville explique cette vocation. Située au contact de la Bresse, du Beaujolais et de la périphérie lyonnaise, Villars-les-Dombes occupe un nœud de communication fréquenté depuis le Moyen Âge. Les marchés aux chevaux, les échanges entre éleveurs bressans et acheteurs lyonnais, le passage des troupes : tout concourait à faire de la localité un point de rencontre pour le commerce équin. La tradition perdure sous d’autres formes, à travers l’enseignement, le sport et le loisir.
Une tradition qui se perpétue
Au-delà de Villars, plusieurs communes de la Dombes conservent des exploitations équestres. Les élevages produisent des chevaux de sport et de loisir, des poneys pour les clubs et des animaux de trait pour les démonstrations de patrimoine agricole qui se multiplient lors des fêtes de village. Les balades à cheval le long des chemins ruraux, entre étangs et bocages, attirent une clientèle locale et touristique régulière. Les hippodromes de l’Ain et de la vallée du Rhône, accessibles en moins d’une heure, drainent eux aussi éleveurs et amateurs de courses.
Le cheval en Dombes n’a pas la dimension spectaculaire des grands haras normands ou camarguais. Il relève d’une tradition discrète, utilitaire, forgée par la géographie des étangs et la rudesse des travaux agricoles. Cette tradition n’a pas disparu avec le tracteur : elle s’est transformée, et les structures actuelles, du centre équestre de Villars aux élevages familiaux des environs, en sont les héritières directes.