Papillons et insectes en Dombes : deux expositions pour observer le vivant cet été
À Châtillon-sur-Chalaronne, deux expositions mettent les insectes et papillons de la Dombes à l’honneur jusqu’à l’automne.
La Dombes se raconte souvent par ses étangs, ses oiseaux d’eau, ses pêches d’automne et ses chemins bordés de haies. On oublie parfois une présence plus discrète, pourtant constante dès les beaux jours : celle des insectes. Abeilles dans les jardins, papillons au bord des prairies, fourmis dans les sols, sauterelles dans les herbes hautes composent une part essentielle du paysage vivant.
À Châtillon-sur-Chalaronne, l’été 2026 donne l’occasion de les regarder de plus près. Deux expositions signalées par Dombes Tourisme invitent habitants et visiteurs à ralentir le pas, non pas devant de grands animaux spectaculaires, mais devant ce petit peuple dont dépend une bonne partie de l’équilibre naturel local.
Deux rendez-vous à Châtillon-sur-Chalaronne
La première exposition, « Mission insectes », est annoncée du 15 juillet au 22 août 2026 à la médiathèque François-Édouard de Châtillon-sur-Chalaronne. L’accès est libre. Le parcours met en avant huit insectes emblématiques, parmi lesquels l’abeille, la fourmi, la sauterelle et le papillon. Le choix est simple et parlant : chacun connaît ces espèces ou ces familles d’insectes, mais peu prennent le temps d’observer leur rôle précis.
La médiathèque, située dans une commune déjà marquée par son patrimoine bâti et ses halles anciennes, devient ainsi un lieu d’attention au vivant ordinaire. Cette approche convient bien à la Dombes, territoire où la nature n’est pas seulement celle des grands panoramas d’étangs, mais aussi celle des talus, des fossés, des jardins, des vergers et des lisières.
Le second rendez-vous se déroule sur une période plus longue. « Insectomania » est présenté à la Micro-Folie, aux musées de l’Hôtel-Dieu de Châtillon-sur-Chalaronne, du 16 mars au 31 octobre 2026. L’exposition, gratuite, rassemble des photographies de Pascal Bellevrat consacrées au monde des papillons au cœur de la Dombes. Plus de 80 espèces y sont photographiées et identifiées.
Papillons, haies et prairies humides
Les papillons sont souvent les premiers insectes que l’on remarque. Leur présence accompagne les journées claires de la fin du printemps et de l’été, lorsque les accotements fleurissent et que les prairies prennent des tons plus secs. Leur observation demande peu de matériel, mais beaucoup de patience : il faut accepter les déplacements brefs, les arrêts sur une fleur, les disparitions soudaines dans une haie.
En Dombes, ces milieux de transition ont une grande importance. Les abords d’étangs, les chemins communaux, les haies anciennes, les petits bois et les jardins forment autant de refuges. Les insectes y trouvent nourriture, abri et lieux de reproduction. Quand ces espaces s’appauvrissent, c’est toute une chaîne qui se fragilise : pollinisation, alimentation de certains oiseaux, équilibre des sols, diversité des plantes sauvages.
Les papillons photographiés par Pascal Bellevrat rappellent aussi que la beauté d’une espèce ne suffit pas à la protéger. Identifier un papillon, noter la plante qu’il fréquente, comprendre la saison où il apparaît, tout cela aide à mieux connaître un territoire. La photographie naturaliste, lorsqu’elle reste précise et respectueuse, devient alors un outil de mémoire locale.
Un regard utile sur le vivant proche
« Mission insectes » insiste sur la préservation. Le sujet peut sembler large, mais il commence souvent par des gestes modestes : laisser une partie d’un jardin moins tondue, conserver une haie diversifiée, éviter les traitements inutiles, préserver les fleurs sauvages de bord de chemin lorsque c’est possible. Ces pratiques ne transforment pas seules un paysage, mais elles maintiennent des continuités favorables aux insectes.
La Dombes, avec ses étangs exploités, ses terres agricoles, ses bourgs et ses zones humides, n’est pas une nature figée. C’est un territoire façonné par les usages humains depuis des siècles. Justement, cette histoire invite à chercher un équilibre. Observer les insectes, ce n’est pas s’éloigner de la culture locale : c’est mieux comprendre les conditions qui permettent aux paysages d’exister encore.
Ces deux expositions ont le mérite de s’adresser à tous les âges. Un enfant y reconnaîtra un papillon ou une abeille. Un adulte y verra peut-être une espèce jamais remarquée auparavant sur un chemin familier. Et le promeneur revenu d’un étang ou d’une rue ancienne de Châtillon-sur-Chalaronne repartira avec une attention plus fine portée aux herbes, aux fleurs et aux ailes minuscules qui traversent l’été dombiste.