Nature et étangs

Les oiseaux des étangs de la Dombes : un refuge exceptionnel en Europe

Plus de 270 espèces d'oiseaux fréquentent les étangs de la Dombes. Migration, nidification et observation dans l'un des plus riches sites ornithologiques de France.

Hérons cendrés et aigrettes posés sur un étang de la Dombes
Photo : Benoît Prieur · CC0 · Wikimedia Commons · source

La Dombes compte près de mille étangs répartis en cascade sur un plateau de l’est de l’Ain. Ce réseau de plans d’eau, façonné par les moines au Moyen Âge puis entretenu par les paysans au fil des siècles, forme aujourd’hui l’un des plus riches sites ornithologiques d’Europe continentale. Plus de 270 espèces y sont recensées : nicheuses sédentaires, migratrices de passage ou hivernantes.

Des espèces emblématiques

Le héron cendré est le plus familier des occupants permanents. Immobile au bord d’un filet d’eau, il guette poissons et batraciens avant de harponner sa proie d’un coup de bec vif. On le rencontre en toutes saisons, seul ou en petits groupes.

L’aigrette garzette, plus svelte et entièrement blanche, s’est installée en Dombes à partir des années 1970. Elle niche désormais en colonies dans les roselières, souvent associée à d’autres Ardéidés. Le blongios nain, plus petit héron d’Europe, reste beaucoup plus discret. Tapi dans la végétation des berges, il se trahit surtout par son chant aboyant au printemps.

D’autres espèces fréquentent les étangs selon la saison : le grèbe huppé en plumage nuptial dès mars, la foulque macroule par dizaines en hiver, le canard souchet et le canard chipeau lors des migrations, le balbuzard pêcheur en halte au printemps et à la fin de l’été.

Les temps forts de la migration

Les déplacements transforment la Dombes deux fois par an. De fin février à avril, les nicheurs reviennent des quartiers d’hiver africains. Les étangs se couvrent de vanneaux huppés, de chevaliers et de canards de surface en parade. C’est la période où les colonies de hérons se reconstituent et où les chants résonnent à l’aube dans les roseaux.

À l’automne, de septembre à novembre, le mouvement s’inverse. Les limicoles font halte sur les étangs vidés pour la pêche. La pratique de l’assec, qui consiste à vider un étang tous les deux ou trois ans pour récolter le poisson puis cultiver le fond, met temporairement à nu la vase et attire une faune différente. Les grues cendrées survolent parfois la région en vols compacts et bruyants.

Où observer

Le secteur nord de la Dombes, autour de l’Étournel et des communes de Birieux et de Lapeyrouse, concentre plusieurs sites d’observation de qualité. Des postes en bois, accessibles par des sentiers, permettent de contempler les oiseaux sans les déranger. Le Conservatoire d’espaces naturels Auvergne-Rhône-Alpes gère des dizaines d’hectares de zones humides dans la région et publie régulièrement des données sur les populations nicheuses et les effectifs migrateurs.

Les matinées de printemps, entre six et neuf heures, offrent l’activité la plus dense. Prévoyez des jumelles et des chaussures adaptées aux chemins parfois boueux. La règle d’or reste la même : la discrétion préserve la tranquillité des oiseaux et la qualité de l’observation.